Mots d'évanescence (pensées,dérobades)

Mots d'évanescence (pensées,dérobades)

Vie métastasée

J'ai toujours eu une certaine admiration pour toi,

oscillant entre colère et résignation parfois.

Rythmée au gré des saisons, une vie sans histoire

ou presque, car subsistent des zones d'ombres trop noires...

 

Tu as laissé aux autres les plus jolis horizons,

conservant le brouillard d'un quotidien un peu brouillon :

comptes et crédits du ménage fleurissaient à foison

sur la table de la cuisine ou bien du salon.

 

Toi qui rêvais de domaine, d'hectares, de jardins,

des journées à jardiner, à planter dès le matin.

Hélas, le temps ne t'as guère offert que des espoirs vains;

Rien ne t'auras été épargné, peu de jour serein.

 

Une vie somme toute semblable à beaucoup,

avec ses hauts et ses bas, des drames, des défis fous,

des erreurs, des regrets, des envies qui ont un coût

et qu'on se résigne à enfouir au plus profond de nous.

 

A chaque jour suffit sa peine et c'est bon gré mal gré

qu'un sillage d'amertume parfume tes années.

Tu savais pourtant sourire contre vent et marée

même lorsque je te surprenais, seule, à pleurer;

 

Et des larmes tu en as versées dans tes silences;

Désemparée, tu jouais d'humour dans tes errances,

plongée dans tes romans roses, tu prenais des vacances,

éphémère évasion dans un univers d'opulescence.

 

Des souvenirs à la pelle, du pire au meilleur.

Ton jugement peu enclin à nous octroyer des fleurs,

ton énergie, ton optimisme plein de chaleur,

dommage que tu ne nous ai pas plus ouvert ton coeur !

 

Que restera t il de nous lorsque nous serons partis ?

Des photos, des anecdotes, une lueur dans la nuit,

des odeurs, des expressions aux sensations bien furtives...

en fait, c'est comme si on tournait les pages d'un livre;

 

Et ton livre, maman, se termine tout doucement;

Pas à la manière des histoires de tes romans,

oh que non, le destin en a décidé autrement.

il te rappelle à lui, sans pitié, trop sauvagement.

 

Monstre infame et cruel, la bête s'appelle cancer !

Et sans répit, dévaste ton corps d'un feu de l'enfer.

Ligotée de part en part, cintrée dans ses fers,

elle espère encore, même au creux de son froid désert ...

 

fabienne, avril 09



03/05/2009
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